Accueil

Mai 2021

Architectes et artisans…

Chers amis lecteurs,

La pandémie qui sévit dans le monde depuis plus d’un an désormais, en plus des difficultés qu’elle a suscité à différents niveaux, elle a aussi mis en lumière des attitudes et des manières d’être des personnes vis à vis de la société qui interrogent notre foi. Un malaise profond, dont les racines et les causes ne se trouvent pas dans la pandémie, mais que la pandémie a fait apparaître et émerger.

D’une coté, pour bon nombre de gens cette situation a été l’occasion de vivre plus profondément et plus intensément l’amitié, l’attention et la solidarité avec ceux qui se sont retrouvés dans la solitude et dans le besoin. En même temps on a vu émerger des sentiments et des attitudes de repli sur soi. Un certain « égocentrisme et égoïsme social » dans lequel tout est orienté vers la recherche et la défense de son propre intérêt et son bien-être personnel. Cela au détriment du bien commun et de l’intérêt commun : le « moi » avant toute autre chose, à tout prix : plus de place pour le « nous » !

Dans sa lettre « Fratelli tutti » (Tous frères), le pape François a tiré la sonnette d’alarme sur cet « égoïsme social » qui de plus en plus influence et oriente le fonctionnement de nos sociétés.

Il nous rappelle que l’être ensemble est plus important et prioritaire sur les intérêts particuliers, et surtout que nous avons tous quelque chose à donner, une contribution à apporter à la construction d’une société où personne n’est laissé en marge, et tous ont leur juste place. « En effet notre société gagne quand chaque personne, chaque groupe social, se sent vraiment à la maison » !

Pour y arriver ne devrions-nous pas changer notre regard et notre attitude vis à vis de ce que nous appelons « la société » ? « Aimons-nous notre société, – demande le Pape -, ou bien continue-t-elle d’être quelque chose de lointain, quelque chose d’anonyme, qui ne nous implique pas, que nous ne portons pas en nous, qui ne nous engage pas » !

Il nous faut alors travailler et agir pour : « créer une nouvelle société fondée sur le service des autres, plus que sur le désir de domination… plus que sur la lutte égoïste de chacun pour accumuler plus de richesse (et avantages) possible, une société dans laquelle la valeur de l’être ensemble prime incontestablement sur l’appartenance à tout autre groupe », et sur tout intérêt particulier et personnel ! Et le Pape nous rappelle que, bien sûr, « il y a une architecture (de la société) où interviennent les diverses institutions… chacune selon sa compétence, mais il y a aussi un artisanat (de la société) qui nous concerne tous« .

Sommes-nous prêts et disponibles à relever ce défi ? L’Évangile nous y encourage fortement : « Heureux les artisans de paix… de solidarité, de joie, de partage, de justice et de fraternité, ils seront appelés fils de Dieu ».

P. Nino – Curé