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Janvier 2021

Devenez ce que vous recevez !

Chers frères et sœurs, chers amis lecteurs,

Après une fin d’année assez mouvementée et un peu chaotique à cause du deuxième confinement et des normes à suivre fréquemment changées, au point d’apparaître parfois contradictoires et incohérentes, nous allons entamer cette nouvelle année 2021, avec espoir que, pour nos communautés, la route sera moins tortueuse et moins jalonnée d’obstacles.

Encore une fois il nous faut tirer leçon de ce que nous avons vécu, et faire trésor des situations et des moments difficiles auxquelles nos communautés ont été confrontées. Je veux parler en particulier de l’absence forcée des célébrations eucharistiques (la messe).

En premier lieu je dois dire qu’il a été d’un grand réconfort pour nous, de constater, encore une fois, combien cette privation a mis en lumière l’attachement et l’amour que nous portons à ce moment essentiel de notre « être communion » qui nous fait « Corps du Christ ». Cet amour et cet attachement, est à la fois le fruit de l’Eucharistie « qui fait l’Église », et signe de la vitalité de notre Église « qui fait l’Eucharistie ». Le résultat ne devrait être autre que : une « Église qui EST eucharistie ».

Or l’Eucharistie est le Sacrement de la présence (réelle) du Christ, le Sacrement de son Corps et de son Sang ! Mais cette présence n’est pas une présence statique, comme celle d’une statue, belle et agréable à voir et à contempler, mais figée à sa place dans une posture immuable. Cette présence est dynamique : c’est son Corps et son Sang qui s’offre au Père dans le sacrifice de la croix pour notre salut ; son Corps et son Sang donné en nourriture spirituelle ; son Corps et son Sang qui prend sur lui toute les misères humaines pour les transformer en germe de rédemption et d’éternité. Cela signifie que, oui, nous devons « faire l’Eucharistie » pour que l’Eucharistie fasse de nous le Corps du Christ, Corps donné et offert à toute l’humanité. Notre Père Évêque, en exprimant sa souffrance pour les restrictions imposées, écrivait dans son message du 8 novembre : « Est-ce que le Seigneur ne nous demande pas de prendre notre part des souffrances de toute notre société ? «  Il ne s’agit pas de se résigner passivement, ni de subir une injustice ou de faire allégeance servile aux pouvoirs de ce monde ; il s’agit, comme le Christ dans l’Eucharistie, de devenir « don », de devenir « Eucharistie » ! Désirer, aimer, célébrer l’Eucharistie ne peut pas être séparé ni mis en opposition à devenir « don » pour le monde. À la dernière cène, Jésus n’as pas renié ou trahi les pêcheurs qu’il avait appelés à sa suite ; il n’a pas non plus rallié l’asservissement au pouvoir en place, ni la révolution des zélotes ! Qu’est-ce que Jésus a fait ?

Il a lavé les pieds de toute cette humanité réunie autour de lui !

Et il nous a dit : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres. Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous ». (Jn 13, 14-15)

P. Nino – Curé

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